L’alphabet NUFI peut paraître compliqué pour les profanes. Sachons qu’il est le résultat de longues études qui ont abouti à la mise au point de «L’ALPHABET GENERAL DES LANGUES CAMEROUNAISES» en 1979 .
 
D’importantes réunions d’experts, placées sous les auspices de l’Unesco, ont fait des propositions concrètes d’unification et d’harmonisation des langues africaines : réunion de Bamako en 1966, réunion de Yaoundé en 1970, réunion de Niamey en 1978. Cette dernière a abouti à l’adoption d’un alphabet africain de référence.

Ecrire un commentaire (0 Commentaires)

Nufi, au niveau de sa direction générale, a une direction des affaires académiques constituée de pédagogues (alphabétiseurs et enseignants chevronnés) et d’auteurs en langue fe’efe’e. Celle-ci n’a malheureusement pas de moyens financiers, comme l’ensemble de l’association Nufi, pour accomplir ses missions de recyclage régulier des formateurs, l’organisation des classes d’alphabétisation, la production-publication des œuvres littéraires et des matériels 4 didactiques manuscrits réalisés par les auteurs, et la recherche sur la modernisation de la langue ( surtout au niveau du développement terminologique et au niveau de la numérisation de la langue).

L’enseignement de la lecture/écriture du fe’efe’e dans les écoles, les collèges et les lycée suit la pédagogie et l’orientation préconisées lesdites structures. Le personnel formateur ici est pris en charge par l’établissement-employeur. Nufi, autant que faire se peut, offre seulement son expertise. L’alphabétisation relève de la direction Nufi. Trois types de programmes sont offerts :

  1. Le programme d’éveil à la lange : il a lieu dans les salles de réunion, les jours de réunion des communautés, hommes ou femmes : les cours se limitent à une initiation à l’alphabet et à quelques débats sur des aspects de la culture. Ce programme d’éveil touche aussi les enfants et les jeunes, pendant les vacances ou les jours de trêve des cours.

  2. Le programme de préparation aux diplômes de Ntumbhi Kam et de Kam Sa’sam : c’est le programme le plus prestigieux. Il offre la possibilité de se présenter aux examens nationaux Nufi organisés chaque année le 1er samedi du mois de septembre, pour obtenir en cas de succès, le grand titre de Nza/Mafu ou de Nza Sa’sam/ Mafu sa’sam.

  3. Le programme d’auto-alphabétisation ou d’apprentissage à distance : il est encore en cours d’élaboration et d’expérimentation. Il fera recours à l’usage des TIC. Les programmes seront mis à la disposition du public sur des supports numériques : textes audio, audio-vidéo, et seront aussi placés sur des sites internet. Ces nouveaux modes de communication nécessitent une expertise que Nufi devra rechercher. Vos suggestions sont les bienvenus, vous qui êtes plus avisés. Il s’agit d’une action collective, d’un combat commun pour promouvoir et pérenniser notre langue et notre culture, de génération en génération.

Telle est notre vision…

Ecrire un commentaire (0 Commentaires)

Les populations fe’efe’e, principalement dans les villes et même en zones rurales sont en train de perdre petit-à-petit l’amour pour leur langue : en effet, la langue maternelle déserte les 3 foyers, les centres d’alphabétisation ne sont plus courrus, la plupart des établissements scolaires de jadis ont arrêté leur programme. Tout ceci se passe au moment où l’état est en train de s’engager à promouvoir la pratique orale et écrite des langues nationales et nos cultures nationales, à la faveur de la loi d’orientation de l’éducation au Cameroun de 1998, des lois de la décentralisation de 2004, etc… et de la création de la filière langues et cultures nationales pour la formation des fonctionnaires enseignants à l’Ecole normale supérieure. Pour sa part, Nufi envisage de ramener les fe’efe’e à l’amour de leur langue et de leur culture par de nouvelles voies de diffusion de ce patrimoine :

  • La sensibilisation et la conscientisation des fe’efe’e par l’exhortation et l’entraînement des parents à la pratique de la langue au foyer, grâce à des programmes d’apprentissage sur CD et DVD.
  • L’exhortation à pratiquer la langue oralement d’abord et plus tard pour écrire (les rapports) dans les réunions communautaires, les amicales des Haut-Nkamois, les cercles professionnels ; à créer un plage horaire pour l’apprentissage de la lecture/écriture du fe’efe’e et de la culture lors des séances de réunion que Nufi pourrait animer en diffusant des proverbes expliqués, des contes philosophiques (qui résument un mode de pensée et de vie), des documentaires sur des faits et évènements culturels.
  • L’organisation occasionnelle des soirées récréatives en fe’efe’e (avec des humoristes talentueux, des présentations de sketches, des récitals, des prestations artistiques de nos stars musiciens modernes et traditionnels -une culture évolue- .
  • La promotion d’une radio de proximité fe’efe’e dans les grandes métropoles avec le concours des sponsors et des parrains et marraines amoureux de la culture, sans oublier la force de la diaspora.
Ecrire un commentaire (0 Commentaires)
  • Le peuple et sa langue

Fe’efe’e est le nom attribué aux communautés villageoises qui peuplent aujourd’hui le territoire administratif du Département du Haut-Nkam, Ouest Cameroun, dans sa grande majorité. Ce nom est aussi celui de la langue que ces communautés parlent sous toutes sortes de variantes locales caractérisées par une intercompréhension satisfaisante. Les langues environnantes du fe’efe’e sont : le mbo au Sud, le basaa au Sud-Est, le nda’nda’a au Nord-Est, le ghomala’a au Nord, le yémba au Nord-Ouest.

  • Le développement successif de l’alphabet

Le développement de l’écriture du fe’efe’e se situe en 1928 et il est au départ l’œuvre des missions chrétiennes catholiques soucieux d’évangéliser le peuple dans la langue dudit peuple, langue bien maîtrisée à l’oral, à travers la publication d’un catéchisme. L’intervention ultérieure des locuteurs et des chercheurs locaux va contribuer d’année en année à l’amélioration de l’écriture de la langue.

L’histoire de la réforme de cette langue décrite par Sadembouo E. et Beban Sammy Chumbow dans un journal scientifique (JWAL, 1991), révèle que l’écriture du fe’efe’e, à ce jour, est passée par quatre étapes : 1928, avec l’alphabet de P. Gontier, 1940 avec l’alphabet de Stole qui marque les tons, 1966 avec l’alphabet des langues bantu de la réunion de Bamako qui introduit des symboles phonétiques et 1979 avec l’avènement de l’alphabet général des langues camerounaises, référence pour toutes les langues nationales aujourd’hui. Cet alphabet préconise d’écrire les mots et les phrases en marquant les tons selon des règles orthographiques établies par les développeurs de la langue ; ce que les écrivains fe’efe’e n’ont pas encore tous adoptés.

  • La diffusion de l’écriture du fe’efe’e par l’alphabétisation

L’écriture du fe’efe’e est diffusée à travers les classes d’alphabétisation organisées par l’association Nufi, à travers les publications variées et à travers l’enseignement de la langue à l’école. En effet, les missionnaires ont eu à initier les fidèles à lire les chants et les ouvrages religieux qu’ils publiaient. La publication du Missel des fidèles en 1953 déclenche le mouvement « Nufi », cri d’émerveillement de ceux qui voient leur langue, de manière surprenante, être écrite et lue, c’est –à-dire, passer de l’oral à l’écrit, sous la houlette de l’équipe des abbés Tchamda F.M. et Tchuem. Ces derniers multiplient des classes d’alphabétisation et le journal Nufi-Nsienkengué commence à paraître en 1959 quand bon nombre de gens, au sein de la population fe’efe’e, savent déjà lire et écrire, en plus de parler naturellement leur langue.

Nufi, à partir de 1961, va orienter ses cours d’alphabétisation vers la délivrance d’un diplôme interne, équivalent au CEPE, le certificat de fin d’études primaires. Ce diplôme appelé le Ntumblu Kam Nufi va galvaniser la population analphabète à s’inscrire en masse aux cours d’initiation à la lecture/écriture du fe’efe’e. Un diplôme de 2ème niveau correspondant au BEPC approximativement commencera à être délivré en 1980, le Kam Sa’sam.

  • La diffusion de l’écriture du fe’efe’e par l’enseignement à l’école

Le diocèse de Nkongsamba, à travers son service de l’évangélisation et la direction diocésain de l’éducation va à son tour s’engager dans la diffusion de l’écriture et de la culture fe’efe’e, en introduisant l’enseignement du fe’efe’e et du duala dans ses établissements secondaires à partir de 1975, les 2 langues étant retenues comme les langues liturgiques locales du Diocèse. L’Université de Yaoundé, quelques années plus tard, (1981/1982), à travers son projet PROPELCA, va promouvoir l’enseignement du fe’efe’e au primaire d’abord puis au secondaire.

Les publications didactiques et d’alphabétisation fonctionnelle qui vont accompagner ces cours d’apprentissage du fe’efe’e chez les adultes analphabètes et chez les enfants et les jeunes dans les salles de classe vont contribuer à la diffusion de l’écriture standard du fe’efe’e. Malheureusement, l’on constate aujourd’hui que toutes ces activités bouillonnantes pour la pratique orale et écrite du fe’efe’e est en déclin. 

Ecrire un commentaire (0 Commentaires)

Sous-catégories

Copyright © 2016, NUFI-Cameroun. All Rights Reserved.
Designed by TGRSOFT Corporation